Sasameki Koto – La simplicité est affaire de complexité.

Kaza_Ushi

Pitch :

Sumika lycéenne de 15 ans, au début du récit, est amoureuse de son amie Kazama, lesbienne proclamée de son école. Seul problème, cette dernière n’aime que les filles mignonnes et Sumika est loin de correspondre à ce critère, elle qui est une karatéka de génie, doué en sport, domine les autres filles de sa classe et fait peur à tout le monde. Mais l’entrée en scène d’un autre couple lesbien et la création d’un club de karaté féminin pourraient bien changer les choses entre Sumika et Kazama.

Auteur : Takashi Ikeda

Commentaire :

J’avais dit que je parlerais de ce manga et bien voilà, je m’y attaque ! Série en neuf tomes dans le genre Yuri ou Shojo-Ai, l’histoire nous fait donc suivre l’évolution des relations entre les deux personnages principaux, mais aussi une multitude d’autres personnages secondaires.

Je suis un amateur de ce genre littéraire, c’est dans ces mangas que je bouffe ma dose annuelle de romance, de douceur, d’humour, de larme et de délicatesse, avant de retourner dans des univers sombres et violents. Et Sasameki Koto remplit parfaitement son contrat. Bien entendu, il a les défauts inhérents aux mangas, en particulier ceux qui veulent être un peu humoristiques : exagération de tout ce qui peut l’être, des personnages qui nous paraissent tout simplement improbables dans le monde réel et ce genre de chose. Donc si vous êtes allergiques à ces extravagances typiques du support, c’est certain que l’œuvre ne vous plaira pas.

Mais que vaut ce manga ? Et bien pour moi, c’est presque du tout bon. Je peux lui reprocher certaines lenteurs, et aussi deux ou trois chapitres qui ne servent strictement à rien et où n’apparaissent même pas nos héroïnes ni les autres personnages. (C’est aussi là qu’il faut rappeler qu’au Japon, les Manga sont prépubliés dans des recueils mensuels, du coup il n’est pas étonnant que parfois, certains chapitres semblent plus longs. C’est un peu le même problème avec les comics). Mais en dehors de cela, on s’attache rapidement aux personnages et à l’histoire d’amour que les deux héroïnes semblent s’évertuer à construire. Une histoire parfaitement construire et est celle de deux adolescentes, avec tous les petits spécificités et questionnements que cela comporte : tous les obstacles semblent devenir autant de montagnes à gravir, alors que la solution est finalement très simple. De plus, l’auteur joue avec une idée classique des mangas Yuri : entre-filles, où se trouve la limite entre amitié et amour ? (Un thème bien plus développé dans Girls Friend et Elles)

En plus de son histoire, la grande force du manga est dans ses personnages et particulièrement Sumika et Kasama. La première, construite comme un garçon manqué tente d’abord de se changer pour devenir comme les filles qu’aime son amie, avant de recommencer à vivre aussi ses passions pour se reconstruire comme une personne à part entière et non plus uniquement comme une adolescente amoureuse. L’auteur ne se prive alors pas de jouer avec certains clichés classiques des romances Yuri, qui associe sans hésitation maladresse, absence et autres petits « défauts » de comportement à leur conception de ce qui doit être mignon ou beau. La seconde, montrée de prime abord, comme une perverse totale (mais une perverse de 15 ans et pas sur le sexe. Juste une perverse de la mignonitude, ce qui est plutôt mignon je trouve… mignoception !) qui ne peut s’empêcher de tomber amoureuse de la moindre fille qui correspond à ses critères, finira par se calmer en se rendant compte qu’elle blessait celle qu’elle aime vraiment.

S’ajoute tout une galerie de personnages secondaires : la famille de Sumika, le grand frère de Kazama (auteur de romans Yuri sous un pseudonyme féminin), un garçon amoureux de Sumika qui se travestie pour tenter de la séduire et finit mannequin dans les magazines, un couple de lesbiennes miroir déformé des héroïnes, une amie qui passe son temps à manger et qui est complètement à l’ouest, une fan-girl de Yuri et du nom de plume du frère de Kazama et ainsi de suite, pendant encore un bon moment. Certain diront que cela fait beaucoup trop, mais je trouve que dans le contexte de ce récit c’est pertinent, la plupart des personnages secondaires et tertiaires étant des camarades de classe de nos héroïnes, cela crée le microcosme dans lequel elles vivent, qui risque donc le plus de réagir à leur relation et de l’affecter. Et c’est aussi là que ce trouve un des points les plus appréciable de ce manga : les amis et les familles des deux héroïnes ne sont pas un obstacle à leur bonheur et leur histoire d’amour. Et ça, ça change un peu du schéma classique de la famille qui n’accepte pas l’homosexualité d’un des personnages.

Que dire de plus, sinon que si vous aimez ce genre de manga, que vous avez envie de lire quelques choses de drôle, de rafraîchissant et de larmes sans tomber dans la pathos, je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans la lecture de ce petit bijou du manga Yuri. Vous pouvez aussi regarder l’animé qui est aussi vraiment sympathique et retranscrit bien la poésie de la romance. Il est plutôt court et n’adapte que les deux premiers tomes (grossièrement), mais vaux le coup d’oeil.

Bonne lecture et à la prochaine.

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