Un petit extrait

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Pour vous donner un petit avant goût de Blacktornes, voici un extrait du premier chapitre en partie publié lundi 6 juin, bonne lecture.

*

     Le taxi s’arrêta juste derrière la patrouilleuse. Je remarquai les deux policiers gardant la porte du domicile échanger un regard intrigué alors que je descendais du véhicule et payais rapidement ma course. Tout en essayant d’avoir l’air aussi naturelle et assuré que possible, je n’ai vraiment pas l’habitude de marcher avec des talons, je rejoignis les deux hommes. Je sortis mon insigne pour le brandir devant leur nez, sans qu’ils ne puissent me demander ce que je voulais. Le plus âgé me salua d’un petit mouvement de tête discret, alors que son collègue me détaillait, surpris. Quand il avait entendu que le détective Simmons viendrait s’occuper de cette affaire, il n’avait pas dû s’imaginer une femme de grande taille accompagné de cheveux roux, de taches de rousseur et d’yeux bleus sombres.

     — Qu’est-ce qu’on a ? demandai-je en jetant un bref regard par-dessus leurs épaules.

     La porte d’entrée, grande ouverte, semblait intacte. Contrairement à la fenêtre donnant sur la rue : elle était défoncée, ainsi qu’une partie du mur en dessous, comme si les agresseurs étaient passés par là pour sortir de la maison. Je ne savais pas encore dans quel genre d’affaires j’allais m’embarquer, mais cela avait été violent.

     — Une seule victime, commença le plus âgé des deux policiers.

     Il ne poursuivit pas tout de suite, cherchant visiblement ses mots pour exprimer ce qu’il avait découvert, ce qui n’augurait rien de bon pour la suite.

     — C’est une femme, en très mauvais état, reprit-il enfin.

     — Comment ça ?

     — Je… je n’avais jamais vu ça. On dirait presque qu’une meute de chiens enragés s’est attaquée à elle.

     Je déglutis difficilement alors que je commençais à imaginer la scène. Si j’avais deviné de quelle façon finirait ma soirée, je n’aurais jamais autant mangé.

     — Le corps est identifié ?

     — Oui, il s’agit de Meridith Williams, née Roth. C’est la propriétaire de la maison.

     Je répétai doucement le nom de la victime pour m’en souvenir.

     — Quelles sont les informations que vous avez sur elle ?

     — Femme blanche, la quarantaine. Elle est divorcée et a la garde de sa fille : Karen, une adolescente.

     — Vous m’avez dit qu’il n’y a qu’un cadavre, savez-vous où se trouve Karen ?

     Les deux policiers secouèrent la tête. Vu que nous étions vendredi soir, avec de la chance, elle était peut-être sortie avec ses amies ou bien chez son père. Sinon, les choses risquaient de se compliquer rapidement.

     — Très bien, c’est vous les premiers à être arrivés sur les lieux ?

     — Oui, répondit l’aîné du duo. Nous avons demandé l’intervention d’enquêteurs dès que nous avons découvert le corps et depuis, nous n’avons pas bougé d’ici.

     — Qui a donné l’alerte ?

     — Il s’agit de Mme Jeannette Defoe, la voisine juste en face, répondit le second policier, sortant enfin de son mutisme.

     Je me tournai vers la maison qu’il me montrait du doigt. Hormis ce qui devait être la cuisine, toutes les lumières étaient éteintes. Bien que je ne vis personne, j’aurais juré qu’un des rideaux avait bougé dès que je m’étais retournée. Mme Defoe, et l’ensemble des voisins devaient être en train de nous observer. Heureusement, à cause de l’heure tardive, personne n’était sorti pour tenter d’apercevoir de plus près ce qui se passait. Seul signe de vie un chien au pelage parfaitement blanc qui semblait me fixer depuis le trottoir d’en face.

     — Et à quelle heure a-t-elle appelé ?

     — Nous l’avons reçu à minuit sept et quand nous sommes arrivés, il n’y avait plus personne.

     Minuit sept, une heure s’était donc écoulé. Ce laps de temps n’avait rien d’étonnant. Une fois la patrouilleuse sur les lieux et la demande d’intervention formulée, il avait fallu décider de l’unité à qui cette enquête serait confiée, puis la chef nous avait contactés.

     — Détective ?

     De nouveau c’était le plus jeune qui venait de parler. Je reportai mon attention vers lui, attendant qu’il continue:

     — C’est vous la Laura Simmons ? Celle qu’on surnomme la gamine aux viscères ?

     Son binôme lui jeta un regard mauvais, tandis que j’étouffais un grognement de colère. De tous les surnoms que j’avais reçus depuis mon entrée dans la police, c’était l’un de ceux que je détestais le plus. Même s’il avait le mérite d’être relativement peu insultant et ne pas concerner ma sexualité.

     — Veuillez l’excuser, détective, s’empressa d’intervenir l’aîné. Ce n’est encore qu’un bleu, il ne sait pas quand il doit se taire.

     Je serrai les dents et les poings, finissant par acquiescer, même si j’avais une furieuse envie de lui donner une leçon. Surtout pour corriger sa façon de s’adresser à un détective. Voyant qu’il m’avait mise en colère, il s’empressa de reprendre la parole, les yeux baissés :

     — Oui, je suis désolé. Je ne voulais pas vous vexer. Je connais votre réputation et…

     — C’est bon, le coupai-je. Ça ira pour cette fois.

*

Et oui, c’est déjà finis ! J’espère que cela vous a plus et à lundi pour la publication de la première partie du chapitre 1.

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